Un cow-boy qui preche aux cow-boys

IL Y A PEU DE PASTEURS qui se vanteraient de s’être blessés en tombant de cheval mais c’est ce qui est arrivé récemment à Mike Randolph. Sa femme, Rosemarie, a vécu la même expérience que lui peu de temps après, se cassant quelques côtes au passage.

Le couple Randolph travaille dans un champ missionnaire vraiment unique—parmi les cow-boys, essentiellement au Texas. Ils passent la plupart de leurs weekends dans des compétitions qui s’apparentent au rodéo.

Mike et Rosemarie sont l’un et l’autre détenteurs du titre de champion des Etats-Unis du « cutting horse ». L’objectif de cette épreuve est de séparer une vache du troupeau auquel elle appartientle plus rapidement et le plus efficacement possible.

Mais ce qui motive ce couple, ce n’est pas l’envie passionnée de remporter des prix. Ils sont mus parle désir de gagner des cow-boys pour le Seigneur Jésus et à cette fin, ils ont intégré leur groupe. « Les cowboys ne nous voient pas comme des prédicateurs qui viennent prendre part aux compétitions pour prêcher. Ils nous voient plutôt comme l’un des leurs, comme des cow-boys qui prêchent » dit Mike derrière ses grosses moustaches.

Mike et Rosemarie sont venus au Seigneur vers l’âge de 30 ans. Ils sont aussi amenés à prêcher dans des assemblées « traditionnelles » et il arrive qu’ils s’y sentent quelque peu mal à l’aise. «Lorsque nous nous rendons dans des églises et je me rends compte que je ne rentre pas tout à fait dans le moule du chrétien « normal »

« … En revanche quand mes pieds foulent la terre battue des arènes de compétition et que je me mets à partager l’amour que Jésus a pour chacun de ceux qui s’y trouvent, je réalise combien Dieu façonne nos vies pour les conformer à Ses desseins pour la moisson. »

Selon lui, la culture des cow-boys est suffisamment différente de celle des gens « normaux » pour exiger une approche adaptée pour les amener à croire au Seigneur.

« Les cow-boys ont un style de vie et une façon d’être complètement à part. Ils peuvent être un peu froids et distants au premier abord et en général ils ne vont pas incliner leur tête la première fois que vous partagez l’évangile avec eux …vous devez être patients. »

Il a constaté que les cow-boys n’accordent pas une très grande importance aux contrats passés entre eux par écrit. Par contre, la parole donnée, elle, vaut de l’or. Ils s’en tiennent toujours à ce qu’ils disent.

Mike pense que les cow-boys ont une prédisposition à croire en Dieu. Il présume que cette tendance est liée au fait qu’ils travaillent en plein air parmi les bêtes.

« La plupart de ceux que nous rencontrons croient que Dieu existe, mais ils ne connaissent ni Jésus ni l’importance d’avoir une relation personnelle avec Lui. Voilàpourquoi nous sommes ici—pour les amener à se rendre à l’évidence de l’importance de cette relation. »

Les participants dans ces compétitions ne sont pas au culte le dimanche matin. Alors Mike se sent pousser à aller les chercher. « Nous avons donc décidé qu’au lieu d’essayer de les attirer à l’église, il sera mieux d’amener l’église jusqu’à eux» remarque le pasteur cow-boy.

Le ministère pastoral de Mike est reconnu par les Assemblées de Dieu des Etats-Unis. A l’heure actuelle, il y a d’autres églises évangéliques, notamment les Baptistes, qui ont récemment eu à coeur d’aller toucher les cow-boys dans les Etats où ils s’y trouvent nombreux. Le résultat en est le « Cow-boy Church », mouvementqui a un impact appréciable danscertaines régions.

Ce ministère est bien atypique, mais Mike croit au fond de lui-même qu’il faut pouvoir s’adapter aux moeurs des personnes que l’on désire amener au salut. «Lorsque l’on a une tâche à accomplir, il faut se donner la capacité de la mener à bien par tous les moyens, conformistes ou révolutionnaires.

«Il est permis de réfl échir à des idées non conventionnelles. Dieu est un Dieu créatif et il utilise des ministères qui s’expriment en dehors des sphères de notre perception normale des choses. Pour nous, il est uniquement question d’accomplir ce travail par quel que biais que ce soit. »

Y aurait-t-il en France (ou en Europe) des catégories de personnes non encore atteintes par l’évangile et dont les habitudes de vie nécessiteraient que l’on exerce spécifiquement en leur faveur unministère un peu créatif ? Il estvrai que les cow-boys sont peu nombreux au pays de Voltaire mais il doit sûrement s’y trouver d’autres groupes « hors norme» ayant besoin de Jésus.

Et si nous étions appelés à aller vers ces personnes… ?

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