La fidélité en question

Denis Biava

« On ne peut jamais être “complètement” fidèle si par “complètement” on entend “totalement”. L’autre ne peut jamais être mon “tout”, de même que je ne suis jamais le “tout” de l’autre. » Voici les propos de la philosophe Michela Marzano, auteur de “La fidélité ou l’amour à vif”.

Couple taking photos.Il est clair qu’avec de telles affirmations il sera difficile de considérer la fidélité comme étant un élément fondamental pour l’équilibre et l’épanouissement d’un couple. Certains ont trouvé la parade, le peuple Na. « Les Na sont une petite ethnie chinoise d’environ 30 000 sujets. Ils ont pour particularité de pratiquer l’infidélité librement et à leur guise. Pas de mariage, pas de jaloux et que du plaisir ! » c’est du moins ce qu’affirme le commentaire d’un journaliste sur le web.

Mais dans cette ethnie, aucun homme n’ayant de femme attitrée, il n’y a pas d’attachement affectif… ! quel drame humain et quel drame pour l’équilibre de chaque individu. Si nous sommes d’accord pour affirmer qu’il est nécessaire que la femme, comme l’homme prennent des positions fermes dans leur propre vie pour que rien ne vienne submerger les sentiments et provoquer une détérioration du couple, il n’en demeure pas moins que la fidélité est un fondement essentiel, incontournable pour qu’un couple trouve son plein épanouissement.

Le couple est basé, hormis l’amour, sur la confiance et la confiance réciproque. Une image que Dieu donne dans sa Parole au sujet de son peuple, de son corps, de son Eglise, c’est l’image d’une épouse (Apo 19.7-8). Toutes les fois où le peuple de Dieu, peuple d’Israël, a été infidèle, les catastrophes au sein du peuple ont commencé à survenir ( Josué 7.1).

Il n’est pas possible de plaire à Dieu et d’être infidèle. Il n’est pas possible de plaire à son conjoint et d’être infidèle. Notre monde vibre aux sons de bons nombres de conceptions dangereuses, et la conception selon laquelle il faut être un couple « libéré » et pour mieux apprécier son conjoint il faut aller voir ailleurs est véritablement dangereux.

Nous entendons de plus en plus aussi que les couples dans le peuple de Dieu divorcent. C’est là une chose totalement incohérente et douloureuse. Toute la base est dans la fidélité. Les mots fidélité et foi ont une racine latine commune, fides.

Si nous appartenons au Seigneur, notre premier devoir est d’être dignes de foi, puisque nous sommes devenus des créatures nouvelles (2 Co. 5.17), Mais être fidèle, c’est aussi manifester un attachement constant : Fidèle à son conjoint, fidèle à ses amis, à sa parole, à son Dieu, et c’est par amour que cela se fait. Etre fidèle c’est le résultat, celui du fruit de l’Esprit en nous : “Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance” (Gal. 5.22-23)

N’est-il pas bon de revenir à l’essentiel : savoir si au départ il n’y avait pas un manque de fidélité, donc de foi en Dieu provoquant des engagements charnels avant que ce ne soit des engagements divins. Trop de couples se sont formés sur la base d’une « amourette » et des désirs de la chair, avant même que ne soit formée dans les cœurs l’approbation ou la désapprobation de Dieu, créant ainsi bien des difficultés par la suite.

La fidélité dans le couple chrétien est en étroite relation avec la fidélité du couple à l’égard de Dieu. Bâtir sur de tels fondements revient à hypothéquer son capital céleste basé en Jésus-Christ. Que le peuple de Dieu revienne à la foi en Dieu, qu’il laisse Dieu faire les choix de sa vie, qu’il n’écoute que la voix du St Esprit et pas celle de son cœur charnel, en bref qu’il soit fidèle à l’égard de son Dieu et bien des choses changeront. Notre Dieu demeure fidèle (1 Corinthiens 1:9), demeurons fidèle aussi de notre côté.

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