« Hé Dieu, je Te fais une faveur ! »

Phyllis et moi sommes devenus le couple pastoral d’une petite église de campagne dans l’Arkansas la semaine de mes vingt-deux ans.

Il me restait encore un semestre à faire à l’université et nous faisions trois cents kilomètres chaque week-end.

Ensuite, nous avons servi comme assistants du pasteur dans mon église de Nashville, Arkansas.

Quand j’ai atteint l’âge de vingt-cinq ans, nous avons exercé le ministère au Texas et j’étais près pour l’ordination, qui est le troisième et dernier pas pour être reconnu pasteur dans notre mouvement.

Je n’oublierai jamais la soirée de l’ordination. A la fin, un des responsables a placé ses mains sur ma tête, alors que j’étais à genoux, en train de prier. Je ne m’attendais à rien de spécial, mais je l’ai eu quand même.

Tu vois, j’étais plutôt abattu en me rendant à cette réunion. Être le pasteur d’une église semble facile à ceux qui ne l’ont jamais été. Je suis d’accord. C’est à peu près aussi facile que de piloter un Boeing 767 dans une tempête. J’aime que les gens m’aiment et soient contents de moi, mais même dans de petites églises, il y a toujours quelques personnes qui ne seraient pas satisfaites si le Seigneur Jésus Lui-même était le pasteur de leur église.

J’ai dit à ma femme à plusieurs reprises : « Je suis content de n’avoir affaire à cette personne qu’à l’église. Son conjoint a affaire à elle tout le temps et ça ne doit pas être une partie de plaisir. » Il y avait aussi les maris qui étaient en colère contre leur femme, mais qui avaient trop peur pour s’en prendre à elle, alors ils s’en prenaient au pasteur.

S’il-te-plaît, ne te méprends pas sur mes paroles. Certaines des meilleures personnes que j’aie rencontrées, je les ai rencontrées dans ces églises. Si tu es en train de lire ces lignes, tu en faisais partie. L’église du Texas reste un des meilleurs souvenirs de notre ministère.

Mais le soir où je me suis agenouillé pour l’ordination, je dois le confesser, je pensais que Dieu m’avait bien eu. « Abandonner l’idée que je me faisais du ministère. Servir de punching-ball à de perpétuels mécontents. Vivre avec un salaire minime. Oui, Seigneur. Tu as vraiment de la chance de m’avoir ! »

Bon, je ne disais rien de tout cela à voix haute, parce que j’avais peur que Dieu me donne une claque sur la tête à la Gibbs (Gibbs est un personnage de la série policière NCIS). Mais c’est ce que je ressentais.
Jusqu’à ce que cet ancien prie pour moi.

Dieu s’est manifesté. J’ai ressenti Sa présence merveilleuse, Sa présence qui guérit, et Son amour merveilleux. Ensuite, Il m’a parlé. Tu sais ce qu’Il m’a dit ?
« Tu as de la chance, David : je te laisse prêcher ! »

Et, dans la mesure où j’étais certain que c’était Dieu, je n’ai pas voulu le contrarier. Mais Il avait raison, tu sais. Il est Dieu.

Ce vieux chanceux de Paul

A certains moments, ce bon vieux Paul a été un peu abattu à cause de toute cette fameuse prédication. Pourtant, voilà ce qu’il a à dire sur le sujet : « C’est de cet Évangile que je suis devenu le serviteur: tel est le don que Dieu m’a accordé dans sa grâce, par l’action de sa puissance. Oui, c’est à moi, le plus petit de tous les membres du peuple saint, que Dieu a fait cette grâce d’annoncer aux non-Juifs les richesses insondables de Christ. » (Éphésiens 3:7, 8, NLT)

« Don ? » Grâce ? » De quoi tu parles, Paul. Ne te souviens-tu pas de ce que tu as dit ?

« Car j’ai travaillé davantage, j’ai été plus souvent en prison, j’ai essuyé infiniment plus de coups; plus souvent, j’ai vu la mort de près. Cinq fois, j’ai reçu des Juifs les ‘quarante coups moins un’. Trois fois, j’ai été fouetté, une fois lapidé, j’ai vécu trois naufrages, j’ai passé un jour et une nuit dans la mer. Souvent en voyage, j’ai été en danger au passage des fleuves, en danger dans des régions infestées de brigands, en danger à cause des Juifs, mes compatriotes, en danger à cause des païens, en danger dans les villes, en danger dans les contrées désertes, en danger sur la mer, en danger à cause des faux frères.

« J’ai connu bien des travaux et des peines, de nombreuses nuits blanches, la faim et la soif, de nombreux jeûnes, le froid et le manque d’habits. Et sans parler du reste, je porte un fardeau quotidien, le souci de toutes les Églises. En effet, qui est faible sans que je sois faible? Qui tombe sans que cela me brûle ? » (2 Corinthiens 11:23-29, NLT)

Comment peut-on additionner tout cela et trouver un résultat qui soit « grâce » et « don » ? Tu as dû tomber sur la tête quand tu étais petit pour dire des choses pareilles !

Attends un peu. Tu sais quoi ? Je suis d’accord avec Paul. Bien sûr, il y a des moments difficiles, mais quand tu vois une personne changer de vie et que tu y as pris part, cela vaut des millions et des millions. C’est un privilège. Dieu fait preuve de bonté à notre égard lorsqu’Il nous laisse Le servir. Pas seulement les prédicateurs, mais chacun de nous, dans le domaine où Dieu nous a placés.
Et la présence de Dieu !

Paul a noté qu’il avait perdu tout ce qui comptait à ses yeux avant de rencontrer Christ. Mais Jésus était tellement merveilleux que toutes ces choses lui semblaient être des ordures, par comparaison (Philippiens 3). Nous connaissons la puissance de Sa résurrection, mais prenons aussi part à Ses souffrances.

Il est si proche dans les moments difficiles.

Ça en vaut la peine

Un jour, au Luxembourg, nous avons reçu des gens de notre première église pour célébrer les quatre-vingts ans de Tante Finney. Après le repas, je me suis assis sur le perron et j’ai regardé un des hommes jouer avec ses deux petites filles.

Et je me suis rappelé la fois où des dames qui travaillaient avec nous l’avaient invité à notre Café Concert chrétien. Il prenait des drogues psychédéliques et cela se voyait. Trois années de désintoxications et de rechutes ne l’avaient pas libéré.

Mais Jésus l’a fait.

A présent, il avait une belle famille et Dieu l’utilisait pour aider d’autres personnes. J’ai failli pleurer en les regardant.
C’est réellement un privilège que de faire partie des plans de Dieu, même si cela nous coûte tout le reste.
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Hmmm …
« Ne juge pas chaque jour par la moisson que tu engranges, mais par les graines que tu sèmes. » Robert Louis Stevenson

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