La crainte

Vaincre l’épouvantail nommé Crainte

Internet est un fabuleux moyen de trouver de bonnes illustrations. Nous pouvons aussi y trouver l’avis d’autres personnes qui vont te dire que cette merveilleuse illustration n’est qu’un tas d’âneries.

Par exemple, il y avait cette histoire très inspirante de la maman aigle qui apprend à ses jeunes comment voler. Elle les fait monter sur son dos, vole haut, haut dans le ciel, puis les fait tomber. Le petit n’a plus qu’à battre des ailes pour essayer de voler. Quand il risque de s’écraser, elle se glisse en-dessous de lui, retourne dans le ciel avant de le laisser tomber à nouveau.

Au bout du compte, le petit apprend à voler (ou meurt).

J’allais vous parler de cette image, aujourd’hui, mais après quelques recherches profondes et ardues (peut-être quinze minutes sur youtube et internet), il semble qu’il y ait plus de votes contre la véracité de cette histoire que de votes pour.

Je commence moi-même à en douter. Au moment où l’aiglon est assez âgé pour voler, il est presque aussi gros que ses parents.

J’imagine la discussion de sa maman avec une de ses tantes : « Tu ne le croirais pas, Marie-Chantale ! Ce garçon est aussi gros qu’une vache et mange comme un cheval. Quand je me suis glissée sous lui pour le rattraper, il m’a presque écrasée sur le sol ! »

Les hauteurs nous effraient

Ça a réellement gâché une belle illustration. Mais, que sa maman le prenne ou non sur son dos, cet apprentissage du vol doit être effrayant. Les nids des aigles sont VRAIMENT très haut.

Tu t’imagines au bord d’un nid perché à trente mètres, en train de rassembler ton courage pour sauter pour la première fois ? « Ok, je peux le faire… Oui, allez, on y va… euh, demain… peut-être. Après tout, on pourrait bien en mourir. »

Comme mon copain l’aiglon, j’ai remarqué que j’avais une tendance à craindre les choses que je ne veux pas faire ou, plus particulièrement, les choses dont j’ai peur. Résultat, je tergiverse. Je me tiens au bord du nid et j’imagine tout ce qui pourrait mal tourner. L’imagination alimente le sentiment de crainte et le saut nous semble soudain haut de 300 mètres plutôt que de 30.

Le dictionnaire dit que la crainte est « une peur ou une anxiété extrême au sujet d’une chose qui va arriver ou qui pourrait arriver. »

Quelques synonymes de crainte : anxiété, appréhension, consternation, détresse, frayeur, stress, inquiétude, malaise.

Donc, ta belle-mère prévoit une visite et la crainte remonte à la surface de tes émotions.

Cet examen final et important se dresse à l’horizon et tu prévois déjà le désastre, un mois à l’avance. La crainte.

Deux amis différents ont le cancer et tu t’imagines en train de subir de la chimiothérapie. La crainte.

Le pasteur te demande d’enseigner à l’étude biblique du mercredi soir et tu imagines que personne ne va venir, que tu vas oublier tout ce que tu voulais dire et que le monde tel que tu le connaissais va arriver à son terme.

« Et si mes enfants avaient un terrible accident. »

(Pour les jeunes) « Et si j’avais un bouton le jour de mon rendez-vous. »

Et si…

Tu sais quoi ? La majorité des choses que nous redoutons ne nous tue pas. Si tu rates ton examen, tu es encore en vie le lendemain matin. Les belles-mères ne mutilent que très peu de gens (99,999 % d’entre elles sont des anges et les autres… eh bien, en général, nous survivons quand même à leur visite.)

Les boutons, ça arrive. Et après

La crainte peut te faire vivre le désastre trois fois : tu le vis avant qu’il se produise (la crainte), tu le vis quand il se produit, et tu le rejoues encore et encore dans ta tête après. Nous ne pouvons pas faire grand-chose au sujet de celle du milieu, mais nous pouvons éliminer les deux autres fois. De cette manière, nous ne vivons qu’une seule fois les mauvais moments, au lieu de trois.

La majorité d’entre nous peut les gérer une fois.

Voilà quelques suggestions pour ceux d’entre nous qui ont un problème avec la crainte.

–Qu’est-ce que Dieu nous a promis ? Répète-toi Ses promesses encore et encore et rappelle-Lui ce qu’Il a dit (en fait, nous nous le rappelons à nous-mêmes. En général, Lui, Il n’oublie pas.)

–Commence à imaginer que l’événement à venir va très bien se passer. La crainte, c’est juste une imagination négative. Imagine comment ça va être si tout se passe bien. C’est ce qu’on appelle l’ESPOIR !

–Planifie les choses pour les aider à bien tourner. Utilise l’énergie que tu uses à t’inquiéter pour faire en sorte que les choses se passent bien. Quand nous avons planifié et préparé, nous sommes plus confiants. La crainte a du mal à coexister avec la foi et la confiance.

–Ce conseil ne s’applique pas à toutes les situations, mais imagine ce qui arriverait si le pire se produisait. La plupart du temps, on survit.

A la fin des années 80, nous vivions au Luxembourg. La valeur du dollar a plongé. Nous avons eu de plus en plus de mal à faire face à nos dépenses mensuelles. Finalement, notre budget de travail est tombé à zéro et nous avons dû vivre mois par mois, sans réserve.

Je me suis demandé : « qu’est-ce qui pourrait arriver, au pire ? »

« Eh bien, ils pourraient nous demander de rentrer aux États-Unis, » ai-je répondu à moi-même. J’ai presque éclaté de rire.

C’était le pire ? A ce moment-là, cela nous aurait plutôt fait l’effet d’une délivrance ! Au cas où tu te poserais la question, nous sommes toujours en vie. Nous avons traversé cette crise, et avons survécu à quelques autres depuis.

–Fais-le. Ton beau-père va venir, que tu le veuilles ou non. Alors arrête de t’inquiéter, de te plaindre et d’avoir mal au ventre. Vis-le quand ça arrive et laisse-le derrière toi une fois que c’est passé.

Tu vas y arriver.

J’ai été surpris de voir combien de fois j’ai apprécié les choses qui m’avaient effrayé, les choses que j’avais craintes.

Nous allons y arriver

Quand j’ai commencé à marcher avec le Seigneur, on m’a dit : « Dieu est fidèle. » Tu sais quoi ? S’il y a une vérité dans cet univers, c’est bien celle-là. Dieu est fidèle. Alors arrêtons de craindre et occupons-nous plutôt d’anticiper ce que Dieu va faire à travers nous, pour nous et en nous.

Laissons l’espoir jeter dehors la crainte, pour que nous puissions profiter trois fois de l’événement. Nous allons l’anticiper, en profiter et le repasser encore et encore dans notre tête avec satisfaction, après l’avoir vécu.

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Hmmm …

« Commence à dire : « je vais pouvoir faire » plutôt que « je dois faire. » Pas besoin de devenir obsédé par ce changement de langage, mais essaye d’utiliser le langage du privilège plutôt que celui du devoir…

« Remarque la différence que cela provoque dans ton attitude. Tout d’abord, cela peut te rendre reconnaissant. Plutôt que de craindre ou d’être contrarié par une chose à faire, tu commenceras à en être reconnaissant. » Michael Hyatt

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