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A Quoi Vous Êtes-vous Engagés ?
Une mère, déchirée par l’handicap de son fils, trouve une guérison là où elle ne l’attendait pas. Elle nous parle du voyage intime à la découverte du plan de Dieu au travers de la maladie de son fils et de la mort de son mari.

Je suis née dans le foyer d’un pasteur pionnier dans le sud des USA. Mon père était un homme très pieux qui avait, je crois, reçu le don de guérison. J’ai vu ainsi bon nombre de miracles instantanés lorsqu’il priait.
Et j’ai moi-même expérimenté la guérison divine en maintes occasions. A l’âge de 5 ans, j’ai contracté la polio. Mes jambes étaient paralysées, mais j’ai été miraculeusement guérie en réponse à la prière.
Ainsi, mon enfance me prépara à croire que si quelque chose va de travers, il suffit d’en parler au Seigneur et Il l’arrange pour vous. Il veut donner la guérison du corps et Il le peut ! C’est avec cette conviction inébranlable que je suis partie pour l’Afrique, où mon mari Bob et moi allions devenir missionnaires.
Puis, notre fils Brian naquit au Bénin, en Afrique de l’Ouest. Les circonstances de la naissance furent très difficiles et quelque chose alla de travers. Brian eut la jaunisse au cours des premiers jours. Plus tard, il fit une mauvaise chute en essayant de se retourner, et encore une autre chute vers l’âge de 2 ans.
D’ailleurs, je ne me rappelle pas quand Brian apprit à s’asseoir tout seul, sans tomber en avant ou en arrière ou sur le côté. Et je ne me souviens pas non plus à quel âge il apprit à marcher sans tomber au bout de quelques pas. Le moindre apprentissage lui coûtait énormément. Son langage se développait lentement. Il avait de la peine à boutonner sa chemise ou à attacher ses lacets. Il avait des problèmes de latéralisation, d’équilibre et de perception. Il avait de grandes difficultés à apprendre à lire, à additionner et à soustraire.
On lui fit subir d’innombrables tests, mais le diagnostic était vague. Nous avons consulté des psychologues, essayé des médicaments ou encore des exercices et consulté des enseignants spécialisés. Nous avons prié, et jeûné, et cru, et confessé, et proclamé, et supplié, jusqu’à marchander avec Dieu. Et ceci, pendant des années.
Notre enfant souffrait toujours des conséquences POURQUOI PERMETS-TU CETTE SOUFFRANCE ? »
Puis, un jour, alors que nous attendions Brian à la sortie de son école à Accra, au Ghana, le maître nous aborda : « Brian n’a pas été très coopératif aujourd’hui. »
Sur le chemin du retour, nous en demandâmes l’explication à Brian. « Nous jouions au ballon prisonnier dans la cour et je n’arrivais pas à jouer correctement. Tout le monde me criait dessus pour que je ne touche pas à la balle et que je me mette sur le côté. Ca m’a rendu tellement triste… De retour en classe, j’ai posé ma tête sur le pupitre et le maître a commencé à me disputer. »
Ce fut une très mauvaise journée pour moi. Toutes ces années de frustration, de tristesse, de souffrance et d’impuissance se concentrèrent dans cette expérience. Et j’ai crié à Dieu : « Où es-tu ? Pourquoi permets-tu que cet enfant vive tant de souffrance ? Tu es un Dieu qui guérit ; tu pourrais le guérir si aisément ! Je ne comprends pas que tu ne le fasses pas alors que nous t’avons cherché avec tant d’ardeur. »
A partir de ce jour, mes pensées commencèrent à sombrer dans le cercle vicieux de la dépression. Si Dieu pouvait soulager notre douleur (et Il l’avait fait en tant d’occasions !), et que maintenant Il ne le faisait pas, était-Il réellement un Dieu d’amour ? Etait-ce un Dieu juste, ou était-Il capricieux ? Pourquoi faisait-Il grâce à certains et pas à d’autres ? Existait- Il ? Où était-Il ?
UNE AIDE INATTENDUE
J’avais beau être une missionnaire expérimentée, j’étais en grande difficulté. J’étais paralysée par des pensées profondément douloureuses. J’étais assise dans ma chambre et je fixais le plancher. Les autres épouses de missionnaires de mon entourage ne savaient plus quoi me dire, alors elles m’évitaient.
Mais une jeune missionnaire stagiaire vint dans notre ville où elle séjourna quelque temps. Ayant entendu parler de mes difficultés, elle vint me voir, s’assit par terre à mes pieds, me prit la main et se mit à pleurer.
« Je n’ai aucune idée pourquoi Dieu permet cela, me dit-elle. Je ne peux pas t’expliquer Dieu. Tu en connais à Son sujet autant que moi - peut-être même plus. Tout ce que je sais, c’est que je t’aime et que je veux être ici pour souffrir avec toi. Tu as été la cause de tant de bénédictions pour moi, et j’ai encore besoin de toi. Alors, je t’en prie, tiens bon ! D’une manière ou d’une autre, ensemble, nous allons nous en sortir. »
Ses paroles agirent au plus profond de mon être. Je n’avais nul besoin d’explications tirées par les cheveux ni de réponses toutes faites et je savais qu’elle n’avait pas la solution à mon problème. J’avais besoin de son amour et du réconfort de sa présence. J’avais besoin de sa main, et de ses larmes, et de ses paroles : « Tiens bon ! Nous allons nous en sortir ensemble. »
J’ai découvert à nouveau, lors d’épreuves plus récentes, y compris lors du décès de Bob suite à la maladie d’Alzheimer, que les gens - y compris les leaders chrétiens - éprouvent le besoin de résoudre un problème ou tout au moins de l’expliquer, d’expliquer le but de Dieu dans cette situation précise.
Et s’ils ne le peuvent, alors ils sont très mal à l’aise en présence de la personne qui a ce problème et ils ont tendance à l’éviter. Ils ne réalisent pas que le simple fait « d’être présent » est une représentation tangible de la présence de Dieu, qui dans ces circonstances peut sembler terriblement absent.
Peu de temps après que cette jeune femme se fut occupée de moi, j’écoutais la cassette d’un sermon de Lowell Harrup, alors pasteur du Christian Center de Bruxelles. Dans sa prédication, Lowell disait : « Vous savez, chacun de nous a ses propres critères pour déterminer ce qui est acceptable et bon comme ce qui est mal et inacceptable. Mais, parfois, les critères de Dieu sont différents des nôtres. Et, parfois, ce que nous considérons comme inacceptable et inférieur est en fait le plan suprême de Dieu. »
Il poursuivit : « La semaine dernière, une jeune femme vint me voir après le culte et me dit : ‘Pasteur, je veux louer Dieu de m’avoir guérie. » Lowell demanda : « Etais-tu malade ? » Et elle répondit : « Non, je n’étais pas malade. Mais tu connais mon fils Vincent’ (du même âge que mon fils Brian et qui était anormal). ‘Pendant toutes ces années, je regardais son corps se développer sachant que jamais son esprit ne se développerait correctement. Ce fut la plus grande souffrance et le plus grand fardeau de ma vie. Je n’avais reçu le réconfort et le soutien dont j’avais besoin ni de ma famille ni de l’église. Franchement, je me suis sentie abandonnée de Dieu.
« Mais, pasteur, la semaine dernière, Dieu m’a guérie !’ Lowell avoua : ‘Il me semblait devoir ôter mes chaussures car je savais que le lieu où je me tenais était une terre sainte. Jamais il ne me serait venu à l’idée de prier pour que Dieu guérisse la mère ; j’aurais prié pour que Dieu guérisse l’enfant. Mais je sus à cet instant que, d’une manière ou d’une autre, c’était le plan suprême de Dieu. Lorsque Dieu considère toutes les ramifications impliquant les vies de ces gens et leurs effets sur d’autres, à travers le temps et l’espace, Il décide que c’est ce choix précis qui apportera un bénéfice maximal pour l’éternité. »
Alors que Lowell faisait ces déclarations, Dieu parla à mon cœur : « Je te guéris. Je n’ai pas choisi de guérir Brian maintenant, mais de te guérir toi. » Et ce jour-là, Dieu fit quelque chose de remarquable en moi. Il ôta de mon cœur la profonde angoisse et me donna paix et grâce. Je savais que l’avenir réserverait encore bien des obstacles, mais je savais aussi que la grâce de Dieu me serait suffisante.
Q u e l q u e s jours plus tard, je sentis fortement la parole de Dieu : « Je veux que tu me dises en deux phrases qui tu es. »
Il me fallut aller au-delà des apparences et sonder quelles étaient en moi les valeurs importantes pour l’éternité. Je pesais la question avec beaucoup de sérieux avant d’être capable de dire : « Quand je regarde au fond de mon cœur, je découvre que je suis quelqu’un qui désire sincèrement Te connaître (non pas connaître des choses à Ton sujet, mais Te connaître, Toi personnellement), qui veut marcher avec Toi (à Tes côtés, main dans la main), et qui veut Te ressembler. »
Puis, afin de mieux décrire qui je suis dans ma relation avec les autres, je me posais la question : « Qu’est-ce que je demanderais si on m’offrait d’exaucer un vœu ? » Je sus aussitôt ce que je demanderais. Je demanderais une grosse éponge et la possibilité de demander à chacun : « Souffres-tu au fond de toi ? »
Et j’effacerais les souffrances. Il ne me fut donc pas difficile de formuler ma seconde phrase : Je suis une personne qui désire exceller dans la compassion et être un instrument de guérison.
Alors que je finissais de me décrire, il me parla à nouveau : « Je l’ai toujours su. Je savais ce qui serait dans ton cœur dès le jour où j’ai conçu l’idée de Gloria Jackson avant même que le monde ne soit. Et tous les événements de ta vie ont été modelés conformément aux désirs de ton cœur. J’ai toujours répondu à tes prières.
Mais j’ai répondu aux prières de ton cœur, pas à celles de ta bouche. Avec ta bouche, tu priais : « Dieu, ôte ma douleur. Je ne veux pas souffrir. » Mais ton cœur priait : « Dieu, je veux marcher avec Toi et Te ressembler. Je veux être un instrument de guérison. »
Il ajouta : « Veux-tu vraiment marcher avec Moi et Me ressembler ? Te souviens-tu qui Je suis et où J’ai marché ? »
Me rappelant Esaïe 53, Il releva : « Il était homme de douleur et habitué à la souffrance. Puni, frappé de Dieu, humilié, blessé. Brisé. » Il me demanda : « Est-ce là où tu veux marcher ? Est-ce à cela que tu veux ressembler ? » Puis, Il dit : « Tu veux être un instrument de compassion et de guérison ? »
Et ce fut comme s’il soulignait 3 fois en rouge ce qui allait suivre : « Et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » Il ajouta : « C’est ma souffrance qui fut transformée en guérison. » Et Dieu me dit : « Vois ce que tu priais avec ton cœur. C’est cette prière-là que j’ai exaucée ! Lorsqu’il y a un décalage entre la prière de tes lèvres et celle de ton cœur, j’exauce toujours la prière de ton cœur. »
Je m’écriais : « Alors, c’est à cela que je m’étais engagée ! » Je crois que j’avais dû signer le contrat sans tout comprendre de la formation rigoureuse que cela impliquerait ni des circonstances dures et rigoureuses ou des situations et événements qu’entraînerait l’accomplissement de ma mission. Cette révélation me transforma. Ma souffrance n’était pas vaine ni vide de sens.
DIEU PÉNÉTRAIT MA SOUFFRANCE, LA TRANSFORMANT EN QUELQUE CHOSE D’UNE GRANDE VALEUR
Dieu utilisait ma souffrance comme un matériau brut, m’aidant à m’identifier davantage avec Lui et à mieux comprendre le sentier où Il marchait, afin de pénétrer plus profondément Sa propre souffrance.
Les choses prirent une autre tournure lorsque je réalisai qu’aussi à cause de ma souffrance, d’autres recevraient la guérison, la bénédiction, l’inspiration ou l’encouragement. De même que les souffrances de Christ furent en bénédiction aux autres, ainsi à travers Christ, mes souffrances aussi seraient en bénédiction à d’autres. Et c’est bien à cela que je m’étais engagée !
A quoi vous êtes-vous engagé ? Quelle est la prière de votre cœur ?
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