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Écrit par David Porter   

A Quoi Vous Êtes-vous Engagés ?

Une mère, déchirée par l’handicap de son fils, trouve une guérison là où elle ne l’attendait pas. Elle nous parle du voyage intime à la découverte du plan de Dieu au travers de la maladie de son fils et de la mort de son mari.

Je suis née dans le foyer d’un pasteur pionnier dans le sud des USA. Mon père était un homme très pieux qui avait, je crois, reçu le don de guérison. J’ai vu ainsi bon nombre de miracles instantanés lorsqu’il priait.

Et j’ai moi-même expérimenté la guérison divine en maintes occasions. A l’âge de  5 ans, j’ai contracté la  polio.  Mes  jambes  étaient  paralysées,  mais  j’ai  été miraculeusement guérie en réponse à la prière.

Ainsi,  mon  enfance  me  prépara  à  croire  que  si quelque  chose  va  de  travers,  il  suffit  d’en  parler  au Seigneur  et  Il  l’arrange  pour  vous.  Il  veut  donner  la guérison du corps et Il le peut ! C’est avec cette conviction inébranlable  que  je  suis  partie  pour  l’Afrique,  où  mon mari Bob et moi allions devenir missionnaires.

Puis, notre fils Brian naquit au Bénin, en Afrique de l’Ouest. Les circonstances de la naissance furent très difficiles et quelque chose alla de travers. Brian eut la jaunisse au cours des premiers jours. Plus tard, il fit une mauvaise chute en essayant de se retourner, et encore une autre chute vers l’âge de 2 ans.


D’ailleurs, je ne me rappelle pas quand Brian apprit à s’asseoir tout seul, sans tomber en avant ou en arrière ou sur le côté. Et je ne me souviens pas non plus à quel âge il apprit à marcher sans tomber au bout de quelques pas. Le moindre apprentissage lui coûtait énormément. Son  langage  se  développait  lentement.  Il  avait  de  la peine à boutonner sa chemise ou à attacher ses lacets. Il avait des problèmes de latéralisation, d’équilibre et de perception. Il avait de grandes difficultés à apprendre à lire, à additionner et à soustraire.

On  lui  fit  subir  d’innombrables  tests,  mais  le  diagnostic   était   vague.   Nous   avons   consulté   des
psychologues, essayé des médicaments ou encore des exercices et consulté des enseignants spécialisés. Nous
avons prié, et jeûné, et cru, et confessé, et proclamé, et supplié, jusqu’à marchander avec Dieu. Et ceci, pendant
des années.

Notre enfant souffrait toujours des conséquences

POURQUOI PERMETS-TU CETTE SOUFFRANCE ? »

Puis, un jour, alors que nous attendions Brian à la sortie de son école à Accra, au Ghana, le maître nous
aborda : « Brian n’a pas été très coopératif aujourd’hui. »

Sur le chemin du retour, nous en demandâmes l’explication à Brian. « Nous jouions au ballon prisonnier dans la cour et je n’arrivais pas à jouer correctement. Tout le monde me criait dessus pour que je ne touche pas à la balle et que je me mette sur le côté. Ca m’a rendu tellement triste…  De  retour  en  classe,  j’ai  posé  ma  tête  sur  le pupitre et le maître a commencé à me disputer. »

Ce fut une très mauvaise journée pour moi. Toutes ces années de frustration, de tristesse, de souffrance et d’impuissance se concentrèrent dans cette expérience. Et  j’ai  crié  à  Dieu :  « Où  es-tu ?  Pourquoi  permets-tu que cet enfant vive tant de souffrance ? Tu es un Dieu qui  guérit ;  tu  pourrais  le  guérir  si  aisément !  Je  ne comprends pas que tu ne le fasses pas alors que nous t’avons cherché avec tant d’ardeur. »

A partir de ce jour, mes pensées commencèrent à sombrer dans le cercle vicieux de la dépression. Si Dieu
pouvait soulager notre douleur (et Il l’avait fait en tant d’occasions !),  et  que  maintenant  Il  ne  le  faisait  pas, était-Il réellement un Dieu d’amour ? Etait-ce un Dieu juste, ou était-Il capricieux ? Pourquoi faisait-Il grâce à certains et pas à d’autres ? Existait- Il ? Où était-Il ?


UNE AIDE INATTENDUE

J’avais beau être une missionnaire expérimentée, j’étais  en  grande  difficulté.  J’étais  paralysée  par  des
pensées profondément douloureuses. J’étais assise dans ma chambre et je fixais le plancher. Les autres épouses de missionnaires de mon entourage ne savaient plus quoi me dire, alors elles m’évitaient.

Mais  une  jeune  missionnaire  stagiaire  vint  dans notre ville où elle séjourna quelque temps. Ayant entendu parler  de  mes  difficultés,  elle  vint  me  voir,  s’assit  par terre à mes pieds, me prit la main et se mit à pleurer.

« Je n’ai aucune idée pourquoi Dieu permet cela, me dit-elle. Je ne peux pas t’expliquer Dieu. Tu en connais à Son sujet autant que moi - peut-être même plus. Tout ce que je sais, c’est que je t’aime et que je veux être ici pour souffrir avec toi. Tu as été la cause de tant de bénédictions pour moi, et j’ai encore besoin de toi. Alors, je t’en prie, tiens bon ! D’une manière ou d’une autre, ensemble, nous allons nous en sortir. »

Ses paroles agirent au plus profond de mon être. Je n’avais nul besoin d’explications tirées par les cheveux ni de réponses toutes faites et je savais qu’elle n’avait pas la solution à mon problème. J’avais besoin de son amour et du réconfort de sa présence. J’avais besoin de sa main, et de ses larmes, et de ses paroles :  « Tiens bon ! Nous allons nous en sortir ensemble. »

J’ai  découvert  à  nouveau,  lors  d’épreuves  plus récentes,  y  compris  lors  du  décès  de  Bob  suite  à  la
maladie d’Alzheimer, que les gens - y compris les leaders chrétiens - éprouvent le besoin de résoudre un problème ou  tout  au  moins  de  l’expliquer,  d’expliquer  le  but  de Dieu dans cette situation précise.

Et s’ils ne le peuvent, alors ils sont très mal à l’aise en présence de la personne qui a ce problème et ils ont tendance à l’éviter. Ils ne réalisent pas que le simple fait « d’être présent » est une représentation tangible de la présence de Dieu, qui dans ces circonstances peut sembler terriblement absent.


Peu  de  temps  après  que  cette  jeune  femme  se fut occupée de moi, j’écoutais la cassette d’un sermon
de Lowell Harrup, alors pasteur du Christian Center de Bruxelles.  Dans  sa  prédication,  Lowell  disait : « Vous savez,  chacun  de  nous  a  ses  propres  critères  pour déterminer ce qui est acceptable et bon comme ce qui est  mal  et  inacceptable.  Mais,  parfois,  les  critères  de Dieu sont différents des nôtres. Et, parfois, ce que nous considérons comme inacceptable et inférieur est en fait le plan suprême de Dieu. »

Il  poursuivit :  « La  semaine  dernière,  une  jeune femme vint me voir après le culte et me dit : ‘Pasteur, je
veux louer Dieu de m’avoir guérie. » Lowell demanda : « Etais-tu malade ? » Et elle répondit : « Non, je n’étais pas malade. Mais tu connais mon fils Vincent’ (du même âge que mon fils Brian et qui était anormal).  ‘Pendant toutes ces années, je regardais son corps se développer sachant  que  jamais  son  esprit  ne  se  développerait correctement. Ce fut la plus grande souffrance et le plus grand  fardeau  de  ma  vie.  Je  n’avais  reçu  le  réconfort et le soutien dont j’avais besoin ni de ma famille ni de l’église. Franchement, je me suis sentie abandonnée de Dieu.

« Mais,  pasteur,  la  semaine  dernière,  Dieu  m’a guérie !’ Lowell avoua : ‘Il me semblait devoir ôter mes
chaussures car je savais que le lieu où je me tenais était une terre sainte. Jamais il ne me serait venu à l’idée de
prier pour que Dieu guérisse la mère ; j’aurais prié pour que Dieu guérisse l’enfant. Mais je sus à cet instant que, d’une manière ou d’une autre, c’était le plan suprême de Dieu. Lorsque Dieu considère toutes les ramifications impliquant  les  vies  de  ces  gens  et  leurs  effets  sur d’autres, à travers le temps et l’espace, Il décide que c’est ce choix précis qui apportera un bénéfice maximal pour l’éternité. »

Alors que Lowell faisait ces déclarations, Dieu parla à mon cœur : « Je te guéris. Je n’ai pas choisi de guérir
Brian maintenant, mais de te guérir toi. » Et ce jour-là, Dieu  fit  quelque  chose  de  remarquable  en  moi.  Il  ôta de mon cœur la profonde angoisse et me donna paix et grâce. Je savais que l’avenir réserverait encore bien des obstacles, mais je savais aussi que la grâce de Dieu me serait suffisante.

Q u e l q u e s jours  plus  tard,  je sentis fortement la  parole  de  Dieu : « Je   veux   que   tu me  dises  en  deux phrases qui tu es. »

Il me fallut aller au-delà des apparences et   sonder   quelles étaient  en  moi  les valeurs  importantes
pour   l’éternité.   Je pesais   la   question avec beaucoup de sérieux avant d’être capable de dire : « Quand je regarde au fond de mon cœur, je découvre que je suis quelqu’un qui désire sincèrement Te connaître
(non  pas  connaître  des  choses  à  Ton  sujet,  mais  Te connaître, Toi personnellement), qui veut marcher avec Toi  (à  Tes  côtés,  main  dans  la  main),  et  qui  veut  Te ressembler. »

Puis,  afin  de  mieux  décrire  qui  je  suis  dans  ma relation  avec  les  autres,  je  me  posais  la  question :  «
Qu’est-ce que je demanderais si on m’offrait d’exaucer un vœu ? » Je sus aussitôt ce que je demanderais. Je
demanderais  une  grosse  éponge  et  la  possibilité  de demander  à  chacun :  « Souffres-tu  au  fond  de 
toi ? »

Et  j’effacerais  les  souffrances.  Il  ne  me  fut  donc  pas difficile  de  formuler  ma  seconde  phrase :  Je  suis  une personne qui désire exceller dans la compassion et être un instrument de guérison.

Alors que je finissais de me décrire, il me parla à nouveau :  « Je l’ai toujours su. Je savais ce qui serait
dans ton cœur dès le jour où j’ai conçu l’idée de Gloria Jackson avant même que le monde ne soit. Et tous les
événements de ta vie ont été modelés conformément aux désirs de ton cœur. J’ai toujours répondu à tes prières.

Mais j’ai répondu aux prières de ton cœur, pas à celles de ta bouche. Avec ta bouche, tu priais : « Dieu, ôte ma
douleur. Je ne veux pas souffrir. » Mais ton cœur priait : « Dieu, je veux marcher avec Toi et Te ressembler. Je
veux être un instrument de guérison. »

Il ajouta :  « Veux-tu vraiment marcher avec Moi et Me ressembler ? Te souviens-tu qui Je suis et où J’ai
marché ? »

Me rappelant Esaïe  53, Il releva :  « Il était homme de douleur et habitué à la souffrance. Puni, frappé
de Dieu, humilié, blessé. Brisé. » Il me demanda : « Est-ce là où tu veux marcher ? Est-ce à cela que tu veux
ressembler ? » Puis, Il dit : « Tu veux être un instrument de compassion et de guérison ? »

Et ce fut comme s’il soulignait 3 fois en rouge ce qui allait suivre : « Et c'est par  ses  meurtrissures  que  nous  sommes  guéris. »  Il ajouta :  « C’est  ma  souffrance  qui  fut  transformée  en guérison. » Et Dieu me dit :
« Vois ce que tu priais avec ton cœur. C’est cette prière-là que j’ai exaucée ! Lorsqu’il y a un décalage entre la prière de tes lèvres et celle de ton cœur, j’exauce toujours la prière de ton cœur. »

Je m’écriais :  « Alors, c’est à cela que je m’étais engagée ! » Je crois que j’avais dû signer le contrat sans
tout  comprendre  de  la  formation  rigoureuse  que  cela impliquerait  ni  des  circonstances  dures  et  rigoureuses ou   des   situations   et   événements   qu’entraînerait l’accomplissement de ma mission. Cette révélation me transforma. Ma souffrance n’était pas vaine ni vide de sens.

DIEU PÉNÉTRAIT MA SOUFFRANCE, LA TRANSFORMANT EN QUELQUE CHOSE D’UNE GRANDE VALEUR

Dieu  utilisait  ma  souffrance  comme  un  matériau brut,  m’aidant  à  m’identifier  davantage  avec  Lui  et à mieux comprendre le sentier où Il marchait, afin de pénétrer plus profondément Sa propre souffrance.

Les  choses  prirent  une  autre  tournure  lorsque je réalisai qu’aussi à cause de ma souffrance, d’autres recevraient la guérison, la bénédiction, l’inspiration ou l’encouragement. De même que les souffrances de Christ furent en bénédiction aux autres, ainsi à travers Christ, mes souffrances aussi seraient en bénédiction à d’autres. Et c’est bien à cela que je m’étais engagée !

A quoi vous êtes-vous engagé ? Quelle est la prière de votre cœur ?

 
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